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le dauphiné VAUCLUSE

le dauphiné VAUCLUSE - Les Innocents de David Noir
Toute la presse
Les Innocents de David Noir - Affiche Filifox - Philippe Savoir - Photo Karine Lhémon
le dauphiné VAUCLUSE - Les Innocents de David Noir

par Thierry Alcaraz

le dauphiné VAUCLUSE - Les Innocents de David Noir

“Les Innocents : Polochons, chaînes et morale”

Le Dauphiné Vaucluse

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Jeudi 24 juillet 2003

« Les Innocents » : Polochons, chaînes et morale

Au théâtre Pulsion à 22 h

Avec intelligence, le metteur en scène, David Noir nous fait rentrer sensiblement dans un cadre, hors cadre, le cadre d’un droit à la jouissance pour la jouissance et simplement, pour ça. La nudité est de mise et le jeu du sexe s’avère important. Nous sentons qu’il est parfois bon de se découvrir avec humour. Certes; c’est une farce où nous rions. Alors tout doucement, les acteurs, chanteurs êtres humains nous redonnent un message légèrement plus provocateur. Des textes qui tirent vers l’absurde, courts mais efficaces et détonateurs de réactions. On pourrait se poser la question “pourquoi ces vidéos pornos ?” On pourrait aussi répondre “pourquoi pas”. C’est tout le principe du travail de cette équipe. Mais au-delà de cela, serait-il immoral de voir une fellation en groupe ? Oui, ça dérange, mais ce n’est peut-être pas eux qui nous dérangent mais plutôt une société qui nous demande de moins en moins nous émouvoir et d’éviter les érections intempestives. Cette pièce est en train de nous dire de ne pas avoir honte de notre sexualité et surtout pas de ses particularités. Il est rare de voir des gens qui ne trichent pas, pas de slip couleur chair, pas de nudité voilée. Mais au-delà de ce rapport à la « poilitude » il se passe sur le plateau un monde de déraison, qui nous fait apercevoir que l’ensemble de la société est folle, malade, qu’elle avance vers une crise annoncée. Tout au long de la pièce, que ce soit la poupée Barbie ou les grands créateurs au portefeuille aussi grand que leurs décors, tout le monde en prend pour son grade. Il y a aussi dans ce spectacle, une question posée : « Que se passerait-il si nous libérions tout le monde, toutes les consciences, de l’emprise morale de censure ? » Une dernière musique démarre, la lumière des gradins s’allume et les comédiens nous invitent à une dernière danse libératoire, comme une nouvelle façon d’applaudir, d’adhérer. Nous nous apercevons, par notre impossibilité de répondre à cette invitation, qu’une fois sortis des règles, nous sommes handicapés. Le décor se range, des clowns au nez noir balayent le plateau comme des enfants après une grande bataille de polochons et de petits soldats. Maintenant, il est de notre ressort de savoir si nous voulons un monde de jouissance ou un monde de castration. Merci monsieur le « metteur », merci mesdames et messieurs les acteurs. Un grand moment jouissif.

Thierry ALCARAZ

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par Thierry Alcaraz

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“Sur la trace des innocents !”

Le Dauphiné Vaucluse

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vendredi 18. j uillet-2003

Sur la trace des innocents!

Rencontre avec la compagnie “La vie est courte” pour une démarche hors du commun

Une recherche inconsciente vers ce qui nous poursuivra toujours, l’enfance.

Leur création de l’an dernier “Les justes a séduit nombre de directeurs de scènes nationales (Dieppe, Rouen) qui les ont invités en résidence pour leur nouvelle création “Les innocents”. Pièce qui résonne comme un affront aux moralisateurs d’une société qui nous enferme dans les interdits. Aujourd’hui en Avignon: il ne sont pas de ceux qui pensent ne pas jouer et trouvent leur liberté en restant autonomes: pas de demande de subvention ni de comédiens payés. Mais avant tout le plaisir de faire un travail qui leur correspond. « Chacun travaille dans d’autres compagnies pour gagner sa vie puis on se retrouve sur des projets qui nous tiennent à cœur » dit un comédien. Un choix qui leur permet de tenir un discours pertinent directement lié à ce qu’ils font sur scène: c’est-à-dire, aucune règle établie ; pas de limites aux possibilités des acteurs ; corps nus, corps vidéos: corps tyranniques, cela semble être une recherche inconsciente vers ce qui nous poursuivra toujours, l’enfance. Inspiré par l’univers d’Henry James, David Noir écrit des textes provocateurs, bruts et sauvages qui vont obligatoirement laisser des traces. Parce que chaque jour les difficultés évoluent, alors chaque jour le spectacle change. « Nous faisons d’une contrainte un avantage » ajoute David. On aurait tendance à se dire que le festival est loin d’être sans contrainte, alors quel avantage trouvent-ils dans ce marché du tout et du rien? « Nous ne sommes pas ici pour jouer le jeu des loueurs de salles, nous sommes surtout ici pour continuer notre histoire avec Maria Ducceschi, directrice du Pulsion théâtre, lieu de co-réalisation »annonce David Noir, l’auteur et metteur en scène de cette équipe réunie autour d’une seule idée, s’amuser. Cette pétillante équipe est jusqu’au 31 juillet à 22 heures, au Pulsion Théâtre.

Thierry ALCARAZ
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