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David Noir Presse - "Gode Blesse Me" vu par Mari-Mai Corbel pour Mouvement - 05/2004
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David Noir Presse - "Gode Blesse Me"
"Gode Blesse Me" - Performance de David Noir

par Mari-Mai Corbel

David Noir Presse - "Gode Blesse Me" vu par Mari-Mai Corbel pour Mouvement - 05/2004

Nuit de réjouissances intimes

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th.Festival Corps de Textes Nuit de réjouissances intimes.

Corps de Textes, sous les auspices de deux thématiques : « Chaos » et « Jouir ! », a passé la nuit du 4 juin à mettre la scène dans tous ses états. Plusieurs propositions artistiques se sont succédées, de la simple lecture à la performance plus aboutie. Au théâtre des 2 Rives, à Rouen.

(…/…)  Dans Gode Blesse Me, David Noir, acteur, metteur en scène et artiste, jouit pleinement du « Jouir ! » thématique. Cet aficionado d’Eros et d’Hermès souffre de son époque où l’amour se réduit au consensus sentimental. Travesti en prince hindou, de soie rouge galonnée de noir, il décrivit l’étouffement des possibles de la corporéité et de ses secrets appels. Comment, rappela-t-il, en 2004, se négligent tant d’éphémères pulsions, de zones partielles et rieuses, de rencontres-éclairs propices à la pluralité des utopies sexuelles ! Eu égard à son décalage par rapport aux normes en vigueur, il proposa de se faire envoyer théâtralement chez les Grecs, grâce à l’accessoire suspendu en évidence et devant lequel son postérieur, mis à la Pierre Molinier, se découvrit. Personne n’osa profaner la scène. Alors il chanta : I’m A Man (you don’t meet every day), chant de ralliement des solitaires qui savent l’amour à jouer entre magiciens et poètes (poétesses).

Programme proposé par le Campus Théâtral, dans le cadre de « Jouir ! », festival Corps de Textes, ce jeudi 4 juin 2004 au théâtre des 2 Rives à Rouen.

Mari-Mai CORBEL Publié le 09-06-2004

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La revue BANCAL

La revue Bancal - Les camps de l'Amor de David Noir
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Parutions à propos des "Camps de l'Amor" au Générateur
La revue Bancal - Les camps de l'Amor de David Noir

par Mathieu Huot

La revue Bancal - Les camps de l'Amor de David Noir

“Bonjour tristesse”

La revue BANCAL

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Parfois j’ai l’impression, rare et précieuse, d’assister à une révolution par le biais de l’art. David Noir est certainement de ceux qui la rendent possible.

 

Dans Les camps de l’Amor, le spectateur entre dans un espace bordé d’immenses rideaux d’aluminium qui bruissent sous une lumière froide. Pendant 2h30, David Noir enchaîne les propositions,  costumes, textes, chansons, blagues, adresses au public, comme un gamin dans un terrain de jeu, dans un apparent chaos où rien n’est là par hasard. Il parodie une conférence sur Hannah Arendt, fait lire une myriade de textes roulés en Tables de la Loi au public, massacre des chansons d’amour, joue avec des faux-culs, des perruques, nous fait dégonfler un charnier de poupées gonflables…

Un spectateur, visiblement heureux d’être là, se met aussi nu que David Noir et écoute, paisiblement, son ventre et ses replis simplement exposés aux yeux de tous. Tapi derrière une des parois, son musicien Christophe Imbs improvise aux claviers et boîtes électroniques – une musique continue, têtue, qui n’écoute rien qu’elle-même, instaurant d’emblée, une forme de confusion, de saturation, et qui raconte, au fond, la difficulté de prendre l’autre en charge.

Ce que la civilité souhaite, l’animalité l’encule.

La pensée, aussi audacieuse que la forme, fait feu de tout bois : pour en finir avec l’obligation totalitaire d’aimer, préférons-lui plutôt l’estime. L’analogie entre les camps de la mort et le totalitarisme amoureux prend peu à peu tout son sens, avec une finesse étonnante. Aucune leçon donnée ici, simplement le portrait humble d’un homme qui essaie, envers et contre tout, de ne pas craquer, de ne pas hurler de dégoût face à toutes les manipulations au nom de l’amour, face à la négation de l’individu dans sa différence. Quelqu’un qui s’efforce de ne pas perdre son estime de soi et des autres.

C’est apparemment ludique, léger, joyeux – et pourtant  on ressent  une violence, une tristesse infinie, avec tact, bienveillance et douceur. Du potache à la tragédie, il n’y a qu’un pas, et David Noir, subtil équilibriste, reste sur ce paradoxe sans jamais le résoudre à notre place. Dans cette espace, le spectateur est laissé libre de déambuler, sortir, revenir, et accorder son attention et son temps à qui il veut : vidéo, jeu, musique, scénographie, textes abandonnés çà et là. Il est acteur autant que les performeurs, complète le tableau sans s’en rendre compte, où qu’il soit, et se raconte sa propre histoire, suit ses propres pensées et rêveries sans qu’on lui dise jamais quoi regarder ou écouter ni comment il doit le prendre.

 Se raconter des histoires, c’est mort !

Rarement spectacle aura autant fait confiance au spectateur. Tant dans sa capacité à recevoir, ressentir, que dans sa capacité à comprendre, et à agir, en toute responsabilité. Voilà deux ans que j’ai découvert le travail de David Noir. Je n’étais pas sûr au départ d’aimer, mais j’étais sûr d’une chose : rarement représentation m’avait autant questionné. Et effectivement, depuis deux ans, son travail m’habite, me taraude, me pousse dans mes retranchements et m’oblige à ne rien prendre pour acquis. Plus j’y retourne, d’une performance à l’autre, plus j’y vois un espace où se ressourcer dans l’année.

Depuis plusieurs années, l’équipe du Générateur l’accueille et le soutient activement. Cette année, vous venez de le rater, mais bonne nouvelle : en plus des 5 dates qui viennent de s’y achever, la nouvelle performance Les camps de l’Amor sera reprise à Anis Gras du 3 au 7 mars à 19h30.

Courez-y. Courez donc voir ce qui fut et reste pour moi, réellement, une bombe à retardements, un retournement intérieur. Je crois qu’il se passe là quelque chose d’important – artistiquement, dans la forme, dans la pensée, dans l’acte, bref, humainement.

Mathieu Huot, membre du collectif Open Source

Les camps de l’Amor, du 3 au 7 mars à Anis Gras (Arcueil), conception et jeu de David Noir, musique de Christophe Imbs

David Noir, http://davidnoir.com

Le Générateur, lieux d’art et de performance, http://legenerateur.com

Anis Gras, le lieu de l’autre, http://www.lelieudelautre.com

Articles

Altéré Go !

AltéréGo!, performance de David Noir
AltéréGo! - David Noir

Altéré Go !

Dialogue virtuel pour un homme seul

Performance solo avec participation du public
Texte et jeu  : David Noir
 
AltéréGo! a été créé au Générateur le 8 janvier 2011 à l’invitation du danseur Benjamin Dukhan en complément de son duo avec François Chaignaud.
 
Extrait 1

J’aime la souplesse caoutchouteuse du gland

L’humidité des lèvres

Le goût d’un cul lavé frais du jour, qui comme la jeune endive est privée d’amertume

J’aime l’érotisme du laisser aller

Ni bâtir pour se rassurer, ni peaufiner pour perdurer

Faire propre, c’est encore faire du sacré

Extrait 2

Les femmes qui n’aiment pas les hommes qu’elles aiment

au point de ne pas connaître les détails de leur bite

m’inspirent de la défiance.

Aucun bistouri au monde ne peut infliger le coup de grâce

nécessaire, qui donnerait une gueule acceptable à la

cellule familiale.

La sauver n’étant plus de mise,

songeons à l’éradication.

Ému et recueilli sur la dépouille pantelante de ma vieille ennemie,

je loue rides et peau racornie de l’amer dénis, vedette de mon enfance

qui n’a pas su mériter ma confiance.

Ça c’est vrai ça !

AltéréGo - David Noir - Photos © Karine Lhémon

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