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Cassandre - Les Parques d'attraction de David Noir
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Les Parques d'attraction de David Noir - Affiche Filifox - Philippe Savoir
Cassandre N°94 - Les Parques d'attraction de David Noir
Cassandre - Les Parques d'attraction de David Noir

par Valérie de Saint-Do

Cassandre - Les Parques d'attraction de David Noir

“Avec Mowgli, dans la jungle”

OÙ LE THÉÂTRE SE FERA-T-IL?

Avec Mowgli, dans la jungle

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DAVID NOIR / PAROLES SUR LE VIF

7 juin 2013. Alors que nous sommes sous le choc de l’assassinat d’un jeune militant antifasciste l’avant-veille, David Noir menvoie ce message : « Ce contexte de violence et de déni répugnant que génère la triste actualité colore encore davantage l’envie que la vie se raconte hors de toute norme de représentation. Je ferai de mon mieux. »

Dans la manie bien française des cases et des étiquettes dont on s’affranchit difficilement, je ne rangeais pas forcément le théâtre de David dans la case «  politique » – et n’étais déjà plus sûre, au demeurant. que cet incasable dérangeant doive toujours porter l’étiquette théâtrale.

Et pourtant… Les Puritains, premier coup d’éclat d’un théâtre qu’il décrit lui-même comme celui « de l’enfance guerrière, sexuel et ludique », affichait déjà des allures de manifeste. On a tellement galvaudé le mot de subversion à tort et à travers, quand le sexe est en jeu, qu’on hésite à l’en affubler. Reste que la joie enfantine avec laquelle il l’aborde dérange et subvertit, réellement. (Au point d’avoir essuyé les foudres de la censure lorsqu’il a présenté Les Justes à l’espace Pierre-Cardin !)

David Noir, dont même le visage et le corps traduisent un refus de renoncer à l’enfance, n’a jamais cessé de vraiment jouer avec ses complices. Avec le corps, les mots, et ce cocktail de mythologique et de potache dont l’enfance a le secret: une absolue décomplexion face au risque du ridicule, un sérieux dans le faire semblant. 

Nous sommes désormais invités à entrer dans le jeu auquel il a trouvé un terrain de prédilection au Générateur de Gentilly. En 2011, La Toison d’or cassait déjà le rapport frontal et l’unité de temps. Les Parques d’attraction, marathon de cinq jours proposé en avril dernier, nous plongeait dans ce qu’il devient difficile d’appeler un spectacle, puisque le spectacle est partout. Perruques, masques, costumes: chacun est invité à s’habiller ou se déshabiller. À prendre sa place, à tenir son rôle, dans ce dédale de textes, d’images, de sons. Ça ne ressemble à rien et donc ça ressemble à tout. Des jeux de mots, du sexe, des blagues. Il y a, comme dans tout jeu, un infini sérieux, parfois d’évocation du tragique dans la dérision, un télescopage du sens. Une invitation à tomber le rôle social comme on tombe les vêtements, à renouer en douceur avec les possibles auxquels la sortie de l’enfance nous contraint à renoncer quotidiennement. Serait-ce cet infini des possibles du jeu dont vous êtes le héros qui résonne comme réellement politique ?

v.s.

 Théâtre or not théâtre?

 Doit~on encore parler de théâtre ou sommes-nous dans autre chose que l’on pourrait qualifier de performance ?

 Je m‘obstine à dire que c’esdu théâtre. Non sans hésitation, parce que dans l’esprit des genlthéâtre obéit à unforme établie: un texte, des personnages, une narration. Je préférerais user d’un autre termemais fondamentalement. c’est du théâtre, parce qulthéâtre est à la source droute représentation. C’est en toucas celuque j’aimerais voir upeu plus.

 J’ai envide formes qui s’éloignent de la narration, parce que, même élaborée et intéressante, celle-ci me prend pour un enfant, et celne mplaît pas. Plulnarratioesaffinée intellectuellement, moins elle prend en compte les éléments fondamentaux que j’essaide travailler ici: le rapport aux gens présents. J’ai beaucoup aimé le spectacle de Rodrigo Garcia au Rond~Point, mais il était rendu idiot par la réception de la salle, qui riait complaisammentLe lieoccultait le sens essentiel d’une mise escène: comment s’adresse-t-oet reçoit-on les gens ? C’est l’enjeu de toute écriture théâtrale. Si la mise en scène est un art, c’est celui de sonder et dfaire avec ceux qui sont là. Un art scientifique, comme la psychanalyse pourrait l’êtr!

 Avec La Toison d’or puiLes Parques d’attractionje me suis lancé dans l’épopée, une aventure guerrière – avec des jouets en plastique! – qui exige une préparation eamont, commune expédition. Mais elle n’existe qu’amoment où elle se joue, les acteurs le savent. Beaucoup d‘auteurs et dmetteurs escène n’en tiennent pas compte. J’ai l’impression d’agir depuis lplace de l’acteur. Jlaisse en revanche la place au fait que quelque chose de la performance puisse naître dans l’acte théâtral.

 Écrire, entre paléontologie et astrophysique

 Ce théâtre est fondamentalement écrit, ce qui le distingue de la performance. Écriture solitaire ou collective, laissant quelles ouvertures ?

 Ma formation ddépart, c’est la paléontologie. Commje ne cherche pas la narration – sans doute n’en suis-jpas capable, je ne suis pas Hitchcock! – je fonctionne à l’envers. Jparde traces qui émanent dmo– on npeupas faire abstraction de lpsychanalyse, en lien inextricable avec la création artistique, mais cette introspectiodoit s’ouvrir pour concerner les autres. Jramasse ces traces comme les débris d’un naufrage et, à partir de là, je reconstitule squelette du dinosaure, ou je le retrouve.

 J’écris seu; je suidans lpostulat de faire de la mise en scène quelque chose d’un peu plus bénéfique pour soi. Ce n’est pas évident: on est sans cesse dépossédé par la mobilité de l’interprétation, qui ne vous appartient pas. Alors, quitte à sombrer, autant tout donner: textes, costumes, accessoires …

L’écriture, elle, est à moi. J’y ai été force par mon père, un vieux monsieur rigoriste. D’autres enfants sont forcés au violon, cela m’est donc naturel. J‘essaie d’en faire un argument poétique associé à un autre instrument, le jeu. C’est un outil, un matériau que j’aime bien et que je défends.

 J’aimerais être édité, c’est un pilotis pour la visibilité vis-à-vis du trou noir que nous fabriquons. Ce qui nous rend visibles, ce sont les scories: traces, entretiens, images, paroles, l’archéologie périphérique d’une civilisation qui disparaît lors de chaque représentation. En scène, on se définit par le trou noir. Il faut du temps pour l’accepter, mais c’est intéressant: cela signifie qu’il y a une matière, parfois invisible, et une densité. C’est de là que vient l‘idée des Parques d’attraction. Si on place une masse au centre d’un papier quadrillé représentant l’Univers. on crée une dépression vers laquelle les corps plus petits vont convergerCela s’appelle la gravité, avec tout ce que ce mot exprime!

  Entrer dans le jeu du potache

 Casser le rapport frontal, inviter à entrer dans le jeu, c’est créer des interférences. Jusqu’où peuvent-elles aller ?

 L’interférence n’a jamais été problématique. C’est le réel qui va advenir qui m’intéresse: les gens viennent avec ce qu’ils sont, et créent le décor. Une partie de la scénographie lise des images vidéo. comme d’un cadre minimal, l’autre décor, vivant, se crée avec des corps.

Les seules limites sont celles de la violence. À part se faire mal, on peut tour faire dans ce milieu protégé reconstitué: la scène devint presque un laboratoire où l’on peur manipuler des virus dangereux! Lors de la dernière nuit des Parqueson ne différenciait presque plus les gens du public des comédiens. Parallèlement, je respecte l’inhibition de certains, je n’ai pas envie de surenchère, tout le monde a son rôle. Je ne cherche pas à changer les gens, je leur propose de s’inscrire dans une écriture vivante. C’est une faune et tout me convient dans la faune ! Comme au poker, je mise gros, en leur disant « Vous avez aussi un rôle à jouer pour que l‘on s’intéresse mutuellementRoulons les mots et la pensée comme une boule de mie de pain dans la main, comme des gosses. »

 Polysémiesmots et images

 Commerce, rapports, gravité … des mots polysémiques ?

 Si j’aime autant les jeux de mots, c’est parce qu’ils explosent le sens de l’intérieur, et qu’ils redonnent une fraîcheur à la poétique. Ils sont un bouclier contre la bêtise, parce que nous sommes dans la blague de potache, plus intéressante que la pensée pseudo-profonde !

Enfant, je me suis formé entre le Muppet Show et Godard. Il y a des ponts entre les deux qui concernent tous le monde. Le Muppet Show est une représentation très forte, américaine à la base, totalement métamorphosée par ses interprètes français, quont réellement traduisans trahir. Il y a quelque chose de shakespearien là-dedans : Shakespeare ne se démode pas et transcende les langues, parce que sa langue montre d’abord des images et que le propre de l’image, c’est de pouvoir être traduite. Peu d’auteurs le font: ils cantonnent leur mise en scène dans le mot. Ce que j’ai envie de concocter, c’est le cake de Jacques Demy dans Peau d’âne, avec des morceaux de sens et d’images dedans ! Le public y a sa place, que l’on peut déplacer einterroger. Cela remet en question la notion d’auteur et d’œuvre. On est auteur d’une façon névrotique, alors qu’il y a d’autres manières de l’être 

Si j’avais eu un budget conséquent, la question se serait posée de rémunérer les spectateurs qui sétaient beaucoup investis. Il y a quelque chose à interroger sur la méritocratie du public … Les Parques, c’était aussi une audition, pour lui comme pour nous !

 Sexenuditétransgression

 Le sexe est une constante de ce théâtre, comme la nudité. Provocateur ou dédramatisé ?

 Le sexe, pour moi, c’est vraiment l’enfance. On tellement voulu en faire du sulfureux..Pourtant, quand on grandit, on sait bien qu’avec son (ou sa) partenaire, on se retrouve un peu comme un enfant on tente, equand ça marche bien, c’est rigoloÀ force de sacraliser le sexe – ce quest souvenle fait de gens coincés – on ne rend pas service aux cultures qui nréussissent pas à l’envisager sans violence. Peut-être faut-il l’aborder avec le ludique du zizi que l’on en nous. Pour le coup, ce n’est pas un sexe de performance !

La nudité, je me la suis appropriée de longue date; je ne vais pas l‘abandonner parce qu’elle est devenue à la mode. Elle ne se réduit pas au corps sexuel, elle montre le corps dans la simplicité touchante d’une enfance un peu à la Mowgli. Je crois qu’il existe un lien profond entre notre relation au corps, notre rapport à la guerre et la considération des autres sexes. Lnudité, icidédramatise le désir hystérique que l’on prête aux hommes. Elle n’est pas désérotisée, mais pas cinglée non plus. On recherche non pas cette chose désuète qu’est la transgression, mais à retrouver une douceur d’être.

 ln situ ?

 Nées au bien nommé Générateur, Les Parques d’attraction sont-elles imaginables ailleurs ?

 On fait en fonction d’un rapport tangible avec l’espace et les mursQuand Benjamin Dukhan, un danseur, m’a invité au Générateur en 2011, j’ai été sidéré par le lieu, sa beauté. Le lieu a une force en soi, c’est un monument, il a la gravité de lpierre, ec’esaussi un studio de cinéma.

Et il y a eu l’accueil et le dialogue avec Anne Dreyfus. Il a eu attraction naturelle, pour le coup, et une vraie carte blanche ! LGénérateur pris le vrai risque de dire «  je sens que c’est possible et j’en ai envie »On ne l’entend pas ailleurs où, trop souvent, oest face à des programmateurs qui remplissent des grilles de directeur de ressources humaines ! Nous nous sommes octroyé du temps pour se comprendre: c’est un luxe inouï et qui n’est pas violent. J’oseraiun parallèle avec lérotisme; on n’a pas besoin d’être tenté de manière violente, sulfureuse et hystérique pour que les relations existent! Quitte à me tromper de continent, comme Christophe Colomb, je cherche à ce que des souverains puissent financer mes armadas. C’est un rêve de conquête au bon sens du terme: s’expanser…

Propos recueillis par V. S.

http://davidnoir.com

 

Générateur dinattendu

Danseuse et chorégraphe, Anne Dreyfus a trouvé le Générateur de Gentilly au moment où elle cherchait un espace pour travailler. Ce lieu surprenant, grand cube de tous les possibles, est l‘aboutissement d’une expérience artistique partagée avec Bernard Bousquet qui econçl’architectureAnne avait initialement l’idée d’un lieu plus orienté vers les arts plastiques, d’où le «  White cube »Les arts vivants l’onrattrapée. Mais pas question pour autant d‘envisager un gradinage et de refaire un théâtre ! Nous sommes « salle polyvalente »s’amuse·t-elle à dire. Et la polyvalence de l’espace répond à ses propres interrogations sur les systèmes de représentations et son refus du frontal. Biesoutenu par la villde Gentilly, le Générateur a même accueillla messquand l’église était en travaux ! Il sort des cases, à tout point de vue : Anne refuse d’en faire un garage, mais sans «  programmation » régulière, y accueillune belle brochette d’atypiques, de Jean· François Pauvros à Alberto Sorbelli en passant par le très intéressant festival de performances FRASQUn espace en forme de défi pour les artistes, mais un générateur au sens proprde ce qui n’entre pas dans les cases.

www.legenerateur.com

CASSANDRE/HORSCHAMP 94

ÉTÉ 2013

La Toison dort – épisode 9

La Toison dort - David Noir
"La Toison dort" - Episode 9 - Performance de David Noir avec Any Tingay

LA TOISON DORT - épisode 9 - Le Sacre Homme de JaZon - Any Tingay, David Noir © Photos Karine Lhémon

LA TOISON DORT / Episode 9

Le Sacre Homme de JaZon

Partenaire : Any TINGAY
Texte, conception, interprétation : David NOIR

MINUTAGE SÉQUENCES PLACEMENTS COSTUMES / ACCESSOIRES JEU / CHANT AUDIO VIDÉO LUMIÈRE
27’ Partie 2 – Séquence 7
LE SACRE DE LA NUDITÉ

Extrait de la conduite … /

Any et David au centre devant les tables.
Accessoires :
Couronne d’épine
Couronne de laurier
Tondeuse électrique
Ciboire
Feuille de papier calque
David se place centre scène face public.
Any le rejoint avec les deux couronnes en mains. Il la ceint de la couronne de laurier.
Elle lui pose la couronne d’épine sur la tête.
Elle achève de le dénuder complètement puis saisit la tondeuse sur la table.
Elle s’agenouille de profil pour ne pas cacher la scène, place une feuille de calque aux pieds de David et tond en totalité les poils de sa toison pubienne qu’elle recueille dans une coupe qu’elle ira déposer sur une des tables « buffet ».
Elle revient et enfile le cockring en or sur le sexe et les testicules de David, qu’elle passe un après l’autre, ostensiblement au travers de l’anneau en tirant largement la peau.
Après quoi, elle se relève et s’incline avec une révérence.
Une fois David en place,
Audio 6
“Sarabande”
Georg Friedrich Haendel
Fin audio 6
(= fin du morceau)
Les quatre quartz s’allument et viennent s’ajouter à la lumière déjà en place de façon à éclairer le plus possible l’espace.

MIN SÉQUENCES PLACEMENTS COSTUMES / ACCESSOIRES JEU / CHANT AUDIO VIDÉO LUMIÈRE

32’ Partie 2 – Séquence 7 (suite)
Centre scène puis déplacements en salle
Any
Perruque 18ème
Boucles d’oreilles
Bague
David
Cape de velours rouge bordé d’hermine
Couronne royale
Bague
Sceptre
Après une légère pause,
Ils se séparent dés le départ de l’audio 7.
Any va poser sa perruque, mettre ses bijoux, et se repoudrer. David fait de même et passe son manteau. Ils se rejoignent devant les tables, où se faisant face, Any pose la couronne royale sur la tête de David et se tient à ses côtés.
Se tenant hautement la main, ils se présentent fiers et souriants au public qu’il traverse par l’allée centrale. Arrivés au fond de la salle, ils se séparent à nouveau chacun d’un côté de la salle pour servir le champagne au public, dont les bouteilles sont ouvertes par les participants aux précédents épisodes de la Toison qui seront présents.
Audio 7
BO de “Meurtre dans un jardin anglais”
Fin de audio 7
(shunté une fois le couple revenu aux tables après avoir servi le champagne aux spectateurs et trinqué avec eux).
Noir

David Noir - La Toison dort

La Toison dort – épisode 8

La Toison Dort_ Ep 08_Valérie Brancq_David Noir_Photo Karine Lhémon
"La Toison dort" - Episode 8 - Performance de David Noir avec Valérie Brancq

LA TOISON DORT - épisode 8 - On rit ! On rit ! On rit ! - Valérie Brancq, David Noir © Photos Karine Lhémon

LA TOISON DORT / Episode 8

On rit ! On rit ! On rit !

Partenaire : Valérie BRANCQ
Texte, conception, interprétation : David NOIR


MINUTAGE SÉQUENCES ÉVÈNEMENTS / JEU COSTUMES TEXTES AUDIO VIDÉO LUMIÈRE
24’ Partie 2 – Séquence 5
AMBITION ZÉRO

Extrait de la conduite … /


Moustapha et Any étalent sur le sol le plaid découpé en forme de peau qui se trouve plié sous la grande table. Ils débarrassent le cercueil du drapeau qui le recouvre et l’étendent par-dessus la grille et la table de maquillage, en prenant soin de rendre l’emblème de la Toison visible à l’endroit. Puis ils installent sur le plaid en forme de peau d’animal, la table et le cercueil au centre de la salle, la tête orientée vers le mur du fond. Moustapha retourne en régie, tandis qu’Any agence armes et casque contenues dans le cercueil aux pieds et à la tête de celui-ci. Elle y joint également les éléments du costume de rétiaire abandonné par David à la table « buffet ».
David grimpe dans le cercueil en s’aidant du tabouret. Valérie positionne le micro 2 sur pied, à 1m du cercueil, côté « pieds » et se tient prête.
David dit son texte assis dans le cercueil.
Ayant fini, il s’allonge.
David Nu
Valérie
Bijoux de seins
String perlé
Escarpins
Collier strass
Faux cils
Maquillage
Boudin crépon
pour coiffure
Voile de deuil (facultatif)
David :
Survivre parmi vous / Survivre par chez vous / Qu’est-ce qu’y a comme boue ! / Je m’accroche encore un peu / Encore un peu / Encore un peu / Et je n’ai plus qu’un doigt pour me tenir au bord et m’accrocher à vous / Dépourvu d’un regard généreux à mon endroit / Tu redeviens tête vide et mains creuses à mes yeux / Et bon vent ! / Qu’on me foute la paix ! / Qu’on lui coupe la tête ! / Un peu de vacances, nom d’une merde !
Lumières : Remontée de l’ambiance générale
Faces et contres à full

MIN SÉQUENCES ÉVÈNEMENTS / JEU COSTUMES TEXTES AUDIO VIDÉO LUMIÈRE
Partie 2 – Séquence 6
LES LAPINS DE ROSE
Valérie dit le texte au micro.
Au sol et sur le cercueil, défilent les paroles de « Total eclipse of the heart » en français

Valérie :
Rose pose des lapins aux rancarts des voisins / Et c’est bien / Triste de lui / Triste de moi / Une plongée / Une telle plongée en eux / Unetelle plongée en moi / J’en sors à peine / Que faire ? / Y retourner dans le terrier / Pas l’ temps ! / Pas l’ temps ! / J’ai peur / J’ai peur et j’irais pas / Dans le roncier de la guerre des mondes pour te servir d’engrais / Pourquoi pas ? / Je fais bien pousser ta tige / La posture de mes lèvres enveloppe ton sexe droit comme un barreau de chaise / Un cigare enduit de toute la salive du monde / De tous ceux qui m’ont bavé dessus / Suce ta bite / Baignée de mon écume / Capitaine aux longues couilles / Dont le diamètre régulier obstrue l’orifice / Dont les bords me saisissent / Suce ta bite / Je maintiens la cadence d’un mouvement constant comme un bélier face à l’entrée d’un fort / Un jouet / Une maquette / Les allées et venues syncopées provoque le tangage arrière de ta tête / Suce ta bite / À toi de faire / Le retrait de ton pénis jusqu’à la lisière de son changement de texture provoque l’aspiration et me creuse les joues / Tes yeux en restent fixes / Êtes vous morts ? / Non / Passifs et retenus / Vous vous fascinez de me voir vous sucer / Je me donne en suceur / Concentré sur mon mouvement unique / Dans la pièce, rien ne bouge / Que la danse concertée de tes organes et de mon chef / Tu opines du bon / Du beau / Du bonnet / Cela pourrait durer longtemps / Cela peut durer sans …
Micro 2
Vidéo 3
(Muette)
La lumière baisse de manière à rendre la vidéo lisible et Valérie éclairée.

David Noir - La Toison dort

La Toison dort – épisode 7

"La Toison dort" - Episode 7 - Performance de David Noir avec Marie Notte

LA TOISON DORT - épisode 7 - Dernières irrévocables - Marie Notte, David Noir © Photos Karine Lhémon

LA TOISON DORT / Episode 7

Dernières irrévocables

Partenaire : Marie NOTTE
Texte, conception, interprétation : David NOIR

Extrait de la conduite … /


MIN SÉQUENCES ÉVÈNEMENTS / JEU COSTUMES TEXTES AUDIO VIDÉO LUMIÈRE
6’15
Marie devient sphinx
Marie se lève et devient colosse
Elle enjambe David et du bord de la table, toise la foule microscopique qui lève les yeux vers elle.
Son corps évolue en celui d’une lutteuse.
Elle s’amuse à haranguer muettement le public ; à l’inciter à venir lutter avec elle par des gestes de la main et de petits « Viens !»
Car les jours passent plus vite pour nos sexes que pour nous-mêmes / Ils nous gratifient de leurs effusions / depuis leurs hauts fourneaux du sein de leur creuset / Là, je fus le xénophobe heureux de toutes identités à l’exclusion des miennes / Nul désir de comprendre / Nulle soif d’être accepté / Nul besoin d’être ailleurs / Quant à vous, je n’aurais pas échangé avec vous, étrangers de la rue / Vous êtes plus encore qu’un péril, l’ennemi par toute l’incohérence qui flotte dans vos yeux / Regards inconscients même de savoir qu’ils voient / Et ça se plaint du manque, bouche ouverte, gueulant comme des agneaux en troupes réunies, leurs cris infâmes, avec rien de plus dans les voix qu’on en trouverait chez des klaxons vivants / Autres Mondes, vous m’êtes inacceptables / Vous êtes l’exact portrait de l’informe menace qui se maintient tapie au fond de mon cerveau / Résidence à jamais secondaire, où l’érotisme des garçons est si fort qu’il se combat lui-même / J’ y trouve ma villégiature / Outre ma bite que je cajole, les compagnons de ma solitude érotique restent à jamais mes pieds, mes seins, mon anus, mes aisselles et mes fesses / Je m’en occupe comme des animaux de compagnie, je les touche, les masse et les huile / J’aime à les ressentir / Grâce à eux, j’ai donné ce que je pouvais / Désormais je quitte les plaines du tout venant et m’en vais vers ma petite industrie / à moi / Ça passe par quoi alors ? / Quel est donc ce voyage ? / Si c’est pas par le cul / Si c’est pas par la tête / Si c’est pas par la bouche / Ça passe par quoi nom de dieu Ça passe par où et par quoi ? / Quand ça ? / Quand ça passera, tu m’ le dira ; ça sifflera trois fois / 1 fois pour toi / 1 fois pour moi / 1 fois pour la résistance à tout ça / Et même une fois pour ne pas mourir de ça / Et même une fois encore pour survivre un petit peu au-delà / Et le train sifflera et 5 fois, et 6 fois … / Ça passe par quoi ? / Ça passe ou ça casse quoi ? / Ah c’est vraiment malin de faire de la poésie à cette heure là / Branle moi de combat !
Poursuite de Vidéo 1

MIN SÉQUENCES ÉVÈNEMENTS / JEU COSTUMES TEXTES AUDIO VIDÉO LUMIÈRE
8’
Mix Spartacus
Marie part en loge se démaquiller son 3ème œil puis se cache derrière le paravent pour se changer en Wonderwoman
Audio 2
Poursuite de Vidéo 1
Fin vidéo 1
(fin de la plage)
Arrêt de l’effet «stroboscope»

MIN SÉQUENCES ÉVÈNEMENTS / JEU COSTUMES TEXTES AUDIO VIDÉO LUMIÈRE
13’40
Libre désormais
David va chercher un carton à dessin peint sur lequel il dispose sa prothèse de singe habituelle, un petit miroir, de la colle à postiche, une feuille de papier, un pinceau, un pot de peinture alimentaire vermillon.
Pendant la durée de la bande son, il se transforme à vue en singe, puis teinte de peindre maladroitement avec le pinceau sec. Il échoue. Il s’enduit alors le gland de peinture alimentaire et trace le symbole masculin sur la feuille de papier. Muet, il montre son dessin et sa peinture au gens, en se démenant sans conviction, avec des gestes avortés de communication vers le public.
Il part en loge.
David
Prothèse singe
Accessoires :
Carton dessin
Pinceau
Colle postiche
Peinture alim
Papier
Miroir
Poursuite de Audio 2
Fin audio 2
(fin du morceau)

 

David Noir_La Toison dort_flag7

La Toison dort – épisode 6

"La Toison dort" - Episode 6 - Performance de David Noir avec Philippe Savoir et Christophe Imbs

LA TOISON DORT - épisode 6 - La communauté de l'Anal - Philippe Savoir, Christophe Imbs, David Noir © Photos Karine Lhémon

LA TOISON DORT / Episode 6

La communauté de l’Anal

Partenaire : Philippe SAVOIR, Christophe IMBS
Texte, conception, interprétation : David NOIR

Extrait de la conduite … /


MIN SÉQUENCES ÉVÈNEMENTS / JEU COSTUMES TEXTES AUDIO VIDÉO LUMIÈRE
0
10’
LE CENTAURE
Déjà en place sur les tables, à l’entrée public, Philippe et David, camouflés par une couverture faite de napperons de plastique ornés, composent le corps d’un centaure, dont Philippe fait l’arrière train.
Le visage de David est recouvert de la prothèse de singe du contempteur.
L’ensemble reste immobile jusqu’à la montée du son 1.
Philippe :
Prothèse d’orc front + mâchoire, string double lift, escarpins, collier noir, plug cheval
David :
prothèse singe, robe lamée dorée, escarpins, collier doré, chaîne et cadenas ou ceinture de chasteté
Micro 1 à la main
Montée graduelle contre jour chaud en contre plongée sur le centaure
(Lever de soleil orangé comme dans le générique de la série « la planète des singes »)
15’’ 1b Son 1
MIX
“Planet of the Apes”
Jerry Goldsmith
1968
+
“My darling Clementine”
La créature s’anime très légèrement sur son piédestal
Audio 1
Mix à partir d’un extrait de la bande son de « Planet of the apes »
Montée de la face (chaude orangée presque dorée si possible), doucement après le lancement du son1
MIN SÉQUENCES ÉVÈNEMENTS / JEU COSTUMES TEXTES AUDIO VIDÉO LUMIÈRE
2’ 2a Texte
DE RETOUR DU PAYS DES GENS
David profère le texte.
Les pattes du centaure bougent parfois sur place, frappant légèrement le sol comme le font les chevaux. Au cours du texte, son corps pivote un peu.
David :
Je suis revenu du pays des gens / Centaure de la révolution / J’en ai fait le tour complet à mon propre dos de cheval / Parfois on y est bien ; presque trop bien pour ce qu’il m’est supportable de supporter / Je me souviens de ces enfants que j’ai tellement aimés. De ces filles / De ces garçons / Quand j’étais comme eux, un enfant / Quand je jouais avec eux / À cavaler / À les nourrir / Impossible à dire / Pas un mot / Quelques signes mais si faibles / Si détournés / Il aurait fallu l’oreille d’un Sigmund alchimiste pour les interpréter / Et la salive se ravalait sous l’aspect du malheur / Et le cœur se dévorait lui-même en guise de goûter / Un plongeon dans la grande tristesse en étant si petit / Si peu formé / Pas abouti / C’était trop d’étendues d’angoisses / C’était trop infiniment grand / Comment ne pas y être absorbé / Impossible de nager vers l’air / Vers le haut / Vers la surface / Bras trop court / Cœur trop faible / Enlisement / Pour moi, la messe était dite / C’est ce que je pouvais penser / Rien ni personne ne me sauverait / Au galop / Au galop / Décès.
Poursuite de Audio 1
Fin audio 1

 

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