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Marie-Gabrielle Duc

Factorielle Noir par Marie-Gabrielle Duc - à propos de "Scrap" de David Noir
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Parutions à propos de SCRAP de David Noir au Générateur
Factorielle Noir par Marie-Gabrielle Duc - à propos de "Scrap" de David Noir

par Marie-Gabrielle Duc

Factorielle Noir par Marie-Gabrielle Duc - à propos de "Scrap" de David Noir

“Factorielle Noir”

Marie-Gabrielle Duc – Croquis de rencontres

Factorielle Noir

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David Noir est un casseur de codes, une sorte de hacker dont nous serions à la fois les victimes et les bénéficiaires. Sa cible : notre système d’exploitation et les données que 40.000 ans de langage articulé ont inscrits dans nos mémoires cachées. 40.000 ans, ce n’est pas rien. Les informations rangées en couches superposées ont formé un vernis d’une épaisseur considérable dont chacun est à même de surprendre parfois l’éclat, l’extraordinaire résistance et la totale imperméabilité, permettant à l’homme de se sentir protéger des principales menaces connues, sauf peut-être celle de l’asphyxie ou pire du désespoir. Vu cette affection que nous avons pour nos chers poncifs, le code qui les protège est en conséquence extrêmement sophistiqué, complexe et vertigineusement astronomique.

Aussi, pour le casser, David Noir construit depuis plusieurs années un dispositif humblement extravagant et volontairement exhaustif, ce que l’on pourrait approcher par le terme de Factorielle Noire et que les mathématiciens écrivent « Noir ! ». Cette Factorielle Noir combine un nombre important de mots, phrases, aphorismes, photos, vidéos, chansons, improvisations de piano et de guitare électrique, bandes son, poupées gonflables, bassines et autres objets dont l’agencement change en fonction des angles d’attaque, dans un roulement systématique et faussement languide. Pour SCRAP, donné au Générateur de Gentilly les 5,6 et 7 mai, la cible, c’est le féminin ou ce qu’il en reste, un éternel mité, après sédimentation en vrac d’Edith Piaf, de l’excision, du tampon hygiénique, de la poupée gonflable, de la mère-araignée de Louise Bourgeois, du Prix Fémina et de la bouche de métro sous la jupe de Marilyn, entre autres. « Noir ! » tourne, fissurant progressivement les carcans pour mieux les retourner, exposant les faces internes de la pensée à l’air libre. Authentique jubilation ! Une sorte d’opéra-garage, au sens noble du mot garage, de ces garages fabuleux des Steve Jobs, Bill Gates, Paul Allen, Larry Page ou Sergueï Brin, ou encore Jimmy Page et Robert Plant, enfin presque, car pour Jimmy c’est dans le salon familial et non dans le garage que le miracle de Led Zeppelin a commencé.

Avis aux amateurs ! David Noir est en train de créer quelque chose d’important, comme une antimatière culturelle qui aurait la grâce de ne produire aucune nouvelle paterne (2), qui nous laisserait absolument libres d’appréhender le monde, vierges et crus, comme le début d’une autre histoire.

David Noir et le Générateur de Gentilly se sont rencontrés en 2011. Après La Toison Dort en 2012 et Les Parques d’attraction en 2013, deux performances déjà très réjouissantes, il nous propose cette saison Scrap étape 1, le féminin dans tous ses états. Le 31 mai, dans le cadre de Frasq, rencontre annuelle dédiée à l’art-performance et initiée par le Générateur, il proposera « DÉFENSE DU MASQUE HULIN » à la Galerie Nivet-Carzon 2, rue Geoffroy l’Angevin-75004 PARIS. Suivez-le sur son site http://www.davidnoir.com et sur les réseaux sociaux Twitter @DAVNOIR, et Facebook DavidNoirProductions. Mais surtout, participez à ses performances. Il va vous faire craquer!

Pour Scrap, David Noir (mise en œuvre, textes, mixages sonores, vidéos, interprétation) est accompagné de Christophe Imbs (création musicale live improvisée), de Guillaume Junot (création vidéo live, régie son) et Jérôme Allart (création lumière, régie lumière).

Voir aussi http://www.legenerateur.com et http://www.frasq.com

(1) Crédit photo D. Noir et K. Lhémon. Conception graphique B. Brendgen.

(2) nom féminin désignant l’image de Dieu le Père dont le sens disparaît au XIVe siècle et qui, brusquement, redevient utile.

Marie-Gabrielle Duc

 

Article en ligne sur le blog de Marie-Gabrielle Duc, Croquis de rencontres :

https://mariegabrielleduc.wordpress.com/2014/05/08/factorielle-noir/

A propos du blog de Marie-Gabrielle

Cet espace “dédié à l’énergie artistique”, selon ses propres termes, qu’est le blog de Marie-Gabrielle, écrivain et par ailleurs “fidèle” du Générateur, est un endroit du Web où se porte un regard attentif sur la création contemporaine. Ses articles sont des comptes-rendus subtils sur des évènements artistiques actuels (arts vivants, expositions …). Son esprit d’analyse et sa passion intelligente font de son blog un point de vue sensible pour qui s’intéresse aux perceptions du monde à travers l’art vivant. Je vous invite à en feuilleter quelques pages au hasard, vous n’y risquez que l’opportunité de vous enrichir de nouveaux appétits.

 DN

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par Thomas Hahn

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David Noir crée « Scrap »

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« Le féminin dans tous ses états »

30 avril 2014, par Thomas Hahn

Thématique(s) : Inclassables, improbables, incasables

Sous thématique(s) : Performance

L’IMPRÉVISIBLE DAVID NOIR, EN RÉSIDENCE AU GÉNÉRATEUR DE GENTILLY PRÉPARE UN SPECTACLE AU FÉMININ, DANS LEQUEL IL PARTAGERA LE PLATEAU AVEC DES SPECTATEURS AYANT ENVIE DE S’IMPLIQUER ACTIVEMENT.

David, quel est ici le sens du mot « scrap » ?

Le terme désigne quelque chose de négligeable, et se réfère au scrapbooking, la version numérique de l’album photo enrichi d’autres éléments, ce qui correspond à ma façon de travailler puisque j’aime créer des collages sans produire forcément un sens immédiat. Les mots ont plus de sens pour moi dans une coalition de sens différents.

Pourquoi « Le féminin dans tous ses états » ?

La thématique ne vise pas le féminin spécifique des femmes, mais l’idée d’une matrice qu’on peut avoir en soi, une façon moins phallique de recevoir les choses. Bien sûr, je m’amuse aussi avec les images du féminin et vais incarner des allégories ou clones déraisonnables de figures féminines connues. J’utilise beaucoup de fragments de chansons. Une Cendrillon avec une voix à la Michel Simon, c’est un peu comme si le monde avait explosé et comme si les diverses molécules se ressoudaient entre elles.

Vous êtes connu pour des formes qui proposent au spectateur d’intervenir dans la création.

J’aime bien qu’il y ait interaction, voire des choses qui se produisent en parallèle. Les spectateurs sont appelés à délivrer des choses d’eux-mêmes selon ce qu’ils voient et entendent. Je n’aime pas qu’ils restent cantonnés à une place donnée. Je mets aussi des textes à disposition qui créeront un environnement. Je m’intéresse à l’incohérence, j’ai comme une défiance par rapport à la logique, qui est souvent une façade. Je veux créer une quantité d’événements, qui peuvent être aléatoires. J’ai soif de choses imprévisibles. Mes collages seront vite faits, mal faits pour laisser au public des possibilités d’accès par infiltration. Évidemment, il n’y aura aucun forçage. Mon rôle est de créer le contexte.

Vous l’annoncez comme une « Performance aux règles peu abondantes et non douloureuses ». Un double sens sur «règles»?

Tout à fait. Je suis en train de créer un décor avec des filets de sang et des sortes de tampons. Je suis très intéressé par tout cet attirail de produits de précaution féminine et les matériaux cellulosiques et ouatés qui sont presque des matériaux à sculpter. Mais il s’agit aussi de signaler que les spectateurs sont invités à se sentir parfaitement libres, même s’ils veulent investir le plateau. Ca ne me fait pas peur,même si je ne cherche pas l’interaction. Mais je n’aime pas la séquestration habituelle du public au caractère presque religieux. Dans « Scrap » il y aura des micros à la disposition du public pour participer à la création d’un environnement sonore que je partagerai avec eux.

Le maître-mot de vos réflexions qui portent « Scrap » est : « intégrité ».

L’intégrité, c’est aussi l’entièreté. Ce n’est pas une affaire de morale mais d’écouter ce qui se passe en soi, sans idée préconçue et sans craintes. Il y a beaucoup de craintes, comme si en assumant que nous sommes tous des créatures hybrides aux identités moléculaires, on perdait sa crédibilité. C’est l’inverse qui est vrai. On est un tout, on est composé globalement. Quand un scientifique ou un homme politique nous parle avec grand sérieux pour dénoncer dans les média un viol ou autre crime, je me demande toujours de quoi il a rêvé pendant la nuit et quels sont ses fantasmagories ou masturbations. C’est tout sauf une part annexe de l’être et on serait sans doute plus tempéré et plus vivable si on prenait en compte ces deux parties. Jeter une de ses deux moitiés pour ne pas se considérer dans son entièreté est très générateur de conflits, voire de conflits armés. Pourtant, tout le monde a un cerveau qui permettrait de regarder les choses plus finement.

Le Générateur est justement un lieu où les arts plastiques, visuels, chorégraphiques etc. sont invités à entrer en interaction.

Je ne viens pas de la performance au départ et je ne sais même pas si j’y suis pour l’instant. Ce qui m’importe est de trouver au Générateur un vrai lieu au sens fort, totalement dévolu à la stimulation d’une créativité non formelle, dans un esprit d’ouverture réelle, avec un espace vide où la scène peut surgir de partout et créer une vraie relation entre l’artiste et son public. On y apprend beaucoup en tant qu’artiste en voyant le travail des autres. Car on y « voit » réellement les spectacles. Souvent, à son insu, on ne fait que les consommer. Ici on a la possibilité d’être impliqué et complètement, on peut plonger dans une proposition artistique.

Propos recueillis par Thomas Hahn

http://linsatiable.org/?Generateur-de-Gentilly-David-Noir

www.lepoint-etudiant.com

le point-etudiant.com - Les Puritains de David Noir
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Les Puritains de David Noir - Affiche Filifox - Philippe Savoir - Photo Karine Lhémon
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par Marie-Véronique Guilmont

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“Qu’est-ce qui fait tourner le monde ?”

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LES PURITAINS

Texte et mise en scène de David Noir, Musique de Jérôme Coulomb. Compagnie « La vie est courte »

Qu’est-ce qui fait tourner le monde ? Sous la férule d’Harvey, le gourou-psychanalyste, sept hommes: Premier, Deuxième, Slave, Adrien, Jean, Léa, Berta, et une femme, Betty, se dévoilent. Au gré d’un abécédaire, ces puritains déclinent leurs frustrations, leur enfance marquée par un amour maternel étouffant ou bien leurs crimes. Cette évocation est suivie d’une lente métamorphose qui atteindra un état paroxystique lors de la scène finale. David Noir entreprend une variation réussie autour du thème de la sexualité: inceste, zoophilie, homosexualité et travestissement sont abordés. Il dénonce ainsi les bien-pensants, ces êtres refoulés. Le texte oscille sans cesse entre légèreté et gravité.
Les comédiens évoluent sur un plateau qui leur sert aussi de loge et s’apparente à une scène« rock» en raison en partie des micros et du rythme des saynètes. La mise en scène, entre lecture et jeu, permet une redécouverte amusante de chansons de variété kitsch. Outre neuf chorégraphies, quatre chansons ont été écrites pour ce spectacle par le pianiste Jérôme Coulomb qui fait une prestation « live» durant la représentation. A noter, la performance de Sonia Codhant qui prête ses traits à Betty. Le spectateur ne pourra qu’être interpellé par ce sujet et sa confrontation avec la nudité très souvent bannie des scènes standard. Bien plus qu’une exposition de leur corps, c’est leur âme que les personnages mettent à nu. Prière de laisser toute inhibition au vestiaire.

Lavoir Moderne Parisien, 35 rue Léon, 75018 Paris

(04/00) rédigé par Marie-Véronique Guilmont

À Nous Paris

A Nous Paris - Les Puritains de David Noir - Article publié par Myriem HAJOUI
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Les Puritains de David Noir - Affiche Filifox - Philippe Savoir - Photo Karine Lhémon
A Nous Paris - Les Puritains de David Noir - Article publié par Myriem HAJOUI

par Myriem Hajoui

A Nous Paris - Les Puritains de David Noir - Article publié par Myriem HAJOUI

“Attention: choc frontal !”

À NOUS PARIS !

LA PIÈCE DE LA SEMAINE

LES PURITAINS

TOUTES HONTES NUES

Attention: choc frontal ! Le théâtre honnête, sans risque de dérangement vous fatigue ? Ce brûlot sexuel culturellement incorrect vous est dédié. Auteur et metteur en scène, David Noir dépasse le cadre formel de l’art dramatique pour vous convier à une soirée festive et violente, voire outrageante pour certains. Pas étonnant: cet homme est un véritable terroriste aux yeux de tous ceux qui préfèrent éviter cette difficile confrontation avec la nudité, souvent bannie des scènes classiques. Sur le ring: huit hommes et une femme, costumes noirs, sévères, corsetés dans le diktat de la bienséance ordinaire. Réunis à leur table de travail, nos neuf conférenciers déchiffrent le texte d’une pièce imaginaire et partagent clopes et vin. N’attendez pas de service en porcelaine. Ici, le verre à pied est corsé.

 

Sous la houlette du gourou-psychanalyste Harvey, Premier, Deuxième, Slave, Adrien, Jean. Léa, Berta et Betty se dévoilent peu à peu égrenant (au fil d’un abécédaire) pulsions, répulsions et perversions comme autant d’impitoyables miroirs tendus à notre société. Les comédiens (tous à célébrer) se mettent à nu corps et âmes, révélant derrière les masques nos propres refoulements, exposant nos fantasmes les plus extrêmes, réveillant nos consciences engourdies depuis l’enfance. Accoucheur de vérités enfouies, greffier minutieux de nos désirs amoureux, David Noir et sa Cie La Vie est Courte creusent nos préjugés sans détour. Inspirez avant de poursuivre. Ce qui pointait depuis le début arrive enfin: stupre, viol collectif, passage à tabac, assassinat, inceste, zoophilie, travestissement… jusqu’au final Allegro Cruello. Œuvre libre ou fourre-tout provoquant ? Chacun jugera selon sa sensibilité. Les contempteurs de l’exhibition n’y verront qu’un pornographisme éhonté. Les autres, dont nous sommes, un objet dramatique non identifié, un manifeste-obus qui tire sa force des gouffres d’un puritanisme défroqué, voisin de Bataille. Car le capharnaüm échafaudé est ici à l’image de notre monde: grandiloquent, magnifique, pathétique et dérisoire. Sur un plateau transformé en scène rock, la troupe continue de chanter la petite musique de cette mise à nu des corps et des affects. Indispensables soupapes à une tension vertigineuse, neuf chorégraphies et quatre chansons (écrites par Jérôme Coulomb) rythment cette troublante inquisition des consciences. A la fois discordant, crispant et émouvant, ce happening tellurique envoûtera ou rebutera. Restent une incandescence scénique, une force souterraine et un verbe roublard qui dissimule l’un des constats les plus fous et corrosifs de notre vaine comédie sociale. Dans ce grand bazar dérangeant où se mêlent entre rictus et humour, terreurs d’enfance et angoisses d’adultes, passé, présent et futur, on se sent parfois bousculé, souvent violenté mais vivant, terriblement.

MYRIEM HAJOUI   03/07/00

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